Muhammed Jallow, vice-président de la Gambie, a déclaré que l’expérience de son pays au sein de l’Organisation, notamment à la présidence de la Deuxième Commission lors de la 80e session de l’Assemblée, montre que le multilatéralisme peut encore produire des résultats.
Malgré de profonds désaccords sur des questions économiques et de développement majeures, des progrès ont été réalisés lorsque les États membres ont abordé les négociations avec volonté politique, respect mutuel et sens partagé des responsabilités, a-t-il indiqué.
« Cette expérience nous a rappelé que le multilatéralisme n’exige pas l’unanimité sur chaque question », a-t-il déclaré. « Il exige la volonté de rester à la table, d’écouter, de négocier et d’avoir le courage de faire des compromis. »
Les enjeux sont encore plus importants en matière de paix et de sécurité internationales. « Nous pouvons certainement mobiliser le même courage politique pour prévenir les conflits, mettre fin aux guerres et construire une paix durable », a-t-il dit.
La Gambie parle d’expérience, puisque la diplomatie préventive de l’Organisation, en coopération avec l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’a aidée à traverser une période de grave incertitude constitutionnelle en 2017, a-t-il rappelé.
À l’époque, le choix démocratique du peuple gambien faisait face à un grave défi. La solidarité manifestée a démontré que la diplomatie préventive n’est pas seulement un concept abstrait.
« C’est un instrument concret pour prévenir la confrontation, créer un espace de dialogue et protéger les institutions », a-t-il déclaré. « Parfois, elle peut changer le cours d’une nation. »
Reconnaissant les ressources limitées de l’Organisation et les demandes croissantes, la Gambie soutient des réformes permettant aux pays en développement de participer réellement aux décisions qui façonnent leur avenir, a-t-il indiqué.
L’Assemblée doit rester au centre de l’élaboration des politiques mondiales et une réforme du Conseil contribuerait à restaurer sa légitimité et à renforcer la confiance, a-t-il ajouté. La Gambie réaffirme son soutien à la Position africaine commune exprimée dans le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte.


