
Du 15 au 18 octobre 2026, la capitale capverdienne devient le carrefour battant du 7ᵉ art du continent. Portée par le collectif Kuletivu Nhanha, la deuxième édition du Kafuka African Film Festival (KAFF) prend ses quartiers au TechPark CV avec une ambition claire : booster l’écosystème audiovisuel local tout en réarmant les esprits. Cette année, le festival place ses projecteurs sous le signe d’une figure tutélaire : Amílcar Cabral, penseur et géant des luttes d’émancipation.
Au menu de ce marathon cinématographique, une déferlante de 62 œuvres issues de 16 pays d’Afrique et de ses diasporas. Fictions, courts et longs-métrages, documentaires percutants et sections jeunesse : le KAFF embrasse toute la diversité des récits africains contemporains.
Coup d’envoi engagé et jury de prestige
L’ouverture frappe fort avec la projection du biopic Amílcar, signé par le réalisateur espagnol Miguel Eek, présent sur place pour faire chauffer le débat avec le public. Les toiles de Praia verront passer des œuvres marquantes telles que Nós, Povo das Ilhas, Time to Change, Afrikki, le très attendu Une si longue lettre de la Sénégalaise Angèle Diabang — qui préside par ailleurs le jury de cette édition — ou encore The Woman who Poked the Leopard de l’Ougandaise Patiente Nitumwesiga.
Réflexion politique et relève de demain
Le KAFF ne se contente pas de projeter, il pense le cinéma. En partenariat avec l’Université du Cap-Vert (Uni-CV), les universitaires Jusciele Oliveira et Ana Camila Esteves dispensent un mini-cours incisif sur l’histoire, l’esthétique et la portée politique des cinémas africains. Une masterclass décortique quant à elle la figure d’Amílcar Cabral à travers la filmographie du maître guinéen Flora Gomes.
La jeunesse n’est pas oubliée : l’espace Kafukinha investit le week-end des 17 et 18 octobre avec une sélection jeune public (Cap-Vert, Angola, Mozambique, Côte d’Ivoire, Brésil) doublée d’ateliers d’initiation au stop-motion, au recyclage et à l’animation.
Après une première édition réussie en 2025 sous la houlette de Natasha Craveiro — qui avait réuni 40 films et posé les jalons de l’événement —, le Kafuka affirme haut et fort sa stature : un festival ancré dans son histoire, résolument tourné vers l’avenir.


